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22/01/2026 - Curiosité

Les origines du Carnaval de Venise : quand le masque devint liberté

Le Carnaval de Venise n’est pas né comme une simple fête, mais comme un moment de profonde signification sociale et culturelle. Ses origines remontent au Moyen Âge, lorsque la Sérénissime était l’une des puissances les plus influentes d’Europe. Venise était une ville cosmopolite, ouverte aux échanges commerciaux et culturels, mais aussi régie par des hiérarchies sociales rigides. C’est dans ce contexte que le Carnaval est né : un espace de liberté temporaire, où les règles pouvaient être suspendues.

Les premières traces officielles du Carnaval vénitien datent de 1094, lorsque le doge Vitale Falier évoqua publiquement une période de divertissement accordée au peuple. À l’origine limité aux jours précédant le Carême, le Carnaval s’étendit peu à peu sur plusieurs mois. Durant cette période, Venise devenait une immense scène où tout semblait possible.

Le masque comme symbole d’égalité

Élément central du Carnaval de Venise, le masque n’était pas seulement festif, mais aussi un geste politique et social. Il effaçait les différences de classe : nobles, marchands et gens du peuple pouvaient circuler librement, parler sans crainte et observer sans être reconnus. Dans une société fortement structurée, l’anonymat devenait une forme de liberté.

Parmi les masques les plus anciens figurait la Bauta, composée d’un masque blanc, d’un manteau sombre et d’un tricorne. Sa forme permettait de parler et de manger sans être identifié. D’autres masques apparurent ensuite, comme la Moretta et la Larva. Chaque masque racontait un aspect de la société vénitienne et de son rapport au pouvoir, au jeu et à l’identité.

Un Carnaval qui durait des mois

À l’apogée de la Sérénissime, le Carnaval ne se limitait pas à quelques jours. À certaines périodes, le port du masque était autorisé pendant une grande partie de l’année. Rues, places et palais s’animaient de spectacles, de jeux, de musiques et de fêtes privées. La frontière entre réalité et fiction devenait floue.

À côté de la fête populaire, se développa un Carnaval aristocratique fait de bals masqués, de représentations théâtrales et de divertissements exclusifs. Le Carnaval était aussi un moteur économique important.

Contrôle et déclin

Malgré son caractère festif, le Carnaval était strictement réglementé par l’État. Le port du masque était soumis à des règles précises. L’anonymat, s’il favorisait la liberté, pouvait aussi devenir dangereux.

Avec la chute de la République de Venise en 1797, le Carnaval connut une interruption brutale. Pendant près de deux siècles, il ne survécut que de manière privée et fragmentaire.

La renaissance du Carnaval moderne

Le Carnaval de Venise tel que nous le connaissons aujourd’hui renaît à la fin du XXe siècle, lorsque la ville décide de redonner vie à cette tradition historique. Malgré une approche moderne, le lien avec les origines est resté intact.

Aujourd’hui, le Carnaval de Venise est un pont entre passé et présent. Ce n’est pas seulement une fête, mais une histoire vivante qui continue de se raconter dans les rues de la ville, rappelant que la liberté, à Venise, a toujours su porter un masque.